L'histoire de France et d'ailleurs avec Marc Menant

La marquise de Sévigné


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Cette petite-fille de Jeanne de Chantal, la future sainte, cette fille d’un Rabutin-Chantal, noble sans le sou, et d’une Coulanges, issue de riches gabelous, aura dix-sept ans à la mort de Louis XIII et trente-cinq ans à celle de Mazarin. C’est dire que, pour elle, les jeux semblent faits quand, en 1661, Louis XIV prend effectivement le pouvoir. Importance des dates, surtout quand il s’agit d’un écrivain du « grand siècle ».

Ses Lettres, a-t-on dit, n’existeraient pas sans la poste. Le truisme est précieux pour aborder le cas Sévigné. Œuvre de circonstance, s’il en fut jamais, livre combien involontaire, jamais, sans doute, imaginé par son auteur, les Lettres sont à la fois des lettres et une œuvre d’art. D’abord des lettres, celles qu’une mère écrit à sa fille absente (que la Provence est loin de Paris en 1671 !) pour lui dire son amour, ses espoirs, ses lectures, ses rencontres, les nouvelles qu’elle vient de glaner, pour recevoir à son tour de l’enfant chérie des lettres auxquelles elle s’empressera de répondre afin d’entretenir le dialogue indispensable à son cœur. Un semblant de dialogue : les Lettres sont ensuite une œuvre d’art, autant dire un monologue. Ensuite aussi, car la célébrité de la marquise est posthume. Alors, pour le lecteur qui n’est plus le correspondant, mais qui devient peut-être le vrai destinataire, les Lettres se métamorphosent en lettres d’amour, plus passionnées et plus brûlantes que les Lettres portugaises, les informations se transforment en témoignage sur le siècle, un témoignage presque aussi partial et tout aussi précieux que celui de Saint-Simon. Surtout, un écrivain nous découvre son univers intérieur, nous dit ses hantises, sa répugnance devant la maladie et la vieillesse, son attitude face à la mort, son incertitude du salut.

© https://www.larousse.fr


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