L'histoire de France et d'ailleurs avec Marc Menant

Joseph Fouché, la délation, le corrupteur des âmes


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Homme politique français (Le Pellerin, près de Nantes, 1759-Trieste 1820).

Fils d’un officier de marine, Joseph Fouché entre au séminaire de l’Oratoire de Nantes où il reçoit les ordres mineurs : il se destine à l’enseignement. Après avoir été successivement professeur à Saumur, Vendôme, Juilly et enfin Arras, où il fait la connaissance de Robespierre, Fouché revient à Nantes. Il y devient député de la Loire-Inférieure à la Convention (1792) où il siège avec les Montagnards et vote la mort du roi. Envoyé en mission dans l’Ouest et le Centre, il est un propagandiste ardent de l’esprit révolutionnaire, organisant la Garde nationale à Nantes, recrutant des volontaires contre les vendéens. Il entreprend la déchristianisation de la Nièvre et, avec Collot d’Herbois, réprime l’insurrection royaliste de Lyon. Désavoué par Robespierre, il contribue à la chute de ce dernier.

Représentant du Directoire en république Cisalpine – où son comportement est des plus douteux – puis en Hollande, il devient ministre de la Police le 2 thermidor an VIII (20 juillet 1799), et à ce titre, arrête les directeurs lors du coup d’État du 18 brumaire. Bonaparte lui conserve son ministère, qu’il réorganise, cumulant la direction de la police et celle de la gendarmerie. Lors de l’attentat de la rue Saint-Nicaise (1800), il prouve qu’il est le fait des royalistes alors que Bonaparte a fait arrêter et déporter des républicains. Inquiet de sa puissance, Bonaparte supprime son ministère (1802) mais le laisse devenir sénateur. À nouveau ministre de la Police (1804) sous l’Empire, il devient comte d’Empire en 1808, duc d’Otrante en 1809. Ayant entamé des pourparlers secrets avec la Grande-Bretagne, il est disgracié (1810), puis nommé gouverneur des Provinces Illyriennes (1813). Avec Murat, il trahit l’Empereur en 1814, et se trouve à Paris pour offrir au comte d’Artois (le futur Charles X) la lieutenance générale du royaume après les désastres impériaux. Soupçonné de comploter avec les républicains durant la première Restauration, il retrouve le ministère de la Police lors des Cent-Jours, tout en ménageant les royalistes. Le 9 juillet 1815, il devient ministre de Louis XVIII, mais, quand les régicides sont proscrits (ordonnance de 1816), il s’établit à Trieste à la tête d’une immense fortune.

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