L'histoire de France et d'ailleurs avec Marc Menant

1539 François 1er introduit la première loterie en France


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Les loteries sont des pratiques commerciales règlementées. Il s’agit de jeux désignant les gagnants par voie du sort (tirage au sort ou intervention d’un élément aléatoire). Elles sont, en principe, distinctes des concours, qui récompensent ceux qui ont subi une épreuve avec succès, comme des réponses à un questionnaire.

Les loteries sont absolument interdites dès l’instant où les quatre éléments suivants sont réunis :

l’offre au public ;
l’espérance d’un gain ;
l’intervention du hasard ;
une participation financière exigée par l’opérateur quelle qu’en soit sa forme et même si un remboursement ultérieur est prévu dans le règlement.

Cependant, la législation autorise les jeux-concours sur Internet par exemple si et seulement s’ils sont loyaux et réglementés[réf. nécessaire].

François Ier découvre cette pratique durant ses campagnes d’Italie et décide de l’implanter dans son royaume pour l’aider à renflouer le Trésor royal.

La première loterie connue tirée en France date de 1539. Elle est l’œuvre d’un Italien1 et reçoit l’autorisation du roi qui signe l’édit à Châteaurenard2. La loterie se nomme alors blanque, de l’italien blanca (blanche) d’après la couleur des billets où seuls ceux en noir, parmi les billets blancs distribués, sont gagnants. La blanque connaît peu de succès, et durant deux siècles, les loteries restent interdites ou simplement tolérées dans le meilleur des cas.

Le retour des loteries date de la fin du XVIIe siècle avec la Loterie de l’Hôtel de Ville à Paris, qui permettait de payer les rentes des emprunts contractés par la ville, lorsqu’elle était à court d’argent (il s’agissait donc d’un palliatif budgétaire).

Les loteries religieuses sont parfois autorisées par le pouvoir royal pour permettre à certaines congrégations en difficulté de trouver des revenus complémentaires. Elles évitent ainsi à la monarchie de devoir subvenir à leurs besoins. Les loteries permettent à de très nombreux ordres réguliers de survivre au XVIIIe siècle, de réparer, rebâtir, voire construire de nombreuses églises, en particulier, à Paris, l’église Saint-Sulpice, ou encore l’église Sainte-Geneviève, futur Panthéon de Paris. Les loteries de l’Hôtel de ville à Paris servent également à financer la restauration des monuments.

Le total des sommes générées par les loteries devient tellement important que durant la seconde moitié du XVIIIe siècle le pouvoir royal tente avec succès, mais non sans difficultés, de les récupérer à son seul profit. La monarchie commence par interdire ou récupérer pour elle certaines loteries, versant aux ordres religieux des indemnités inférieures aux revenus précédemment générés.

Elle renforce également son arsenal juridique contre les tricheurs et les faussaires. La gradation des peines est révélatrice : modérée dans le cas d’une tricherie à une loterie religieuse, sévère dans le cas d’une loterie semi-publique comme celle de l’Hôtel de ville, allant jusqu’aux galères dans le cas des loteries d’État.

Au milieu du XVIIIe siècle, Giacomo Casanova, fraîchement évadé de la prison des Plombs de Venise et alors en cavale à Paris, propose, pour financer la construction de l’École militaire, à la gloire de Louis XV et de Mme de Pompadour, un nouveau système de recette pour les caisses de l’État : la création d’une loterie en faveur de l’École militaire nationale. Cette idée inspirée des frères Calzabigi, dont il a, précédemment, fait la connaissance, convainc les officiels et le projet est accepté par deux arrêts du Conseil d’État, des 15 août et 15 octobre 17573. L’école militaire nationale est transformée en Loterie royale de France en 1776, l’année de la création de la Administration générale des loteries. L’État s’attribue un monopole qui, à la veille de la Révolution française, lui permet d’encaisser entre 5 et 7 % de ses revenus (estimation réalisée d’après les documents disponibles aux Archives nationales).

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